Sobre este episodio
durée : 00:45:35 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - Alexandre Alexeieff, co-créateur avec sa femme Claire Parker de l'écran à épingles, une machine à faire des films d'animations, se confiait en 1956 au micro de Louis Mollion, dans l'émission "Le bureau des rêves perdus". Le nom d'Alexandre Alexeieff ne vous dira sans doute rien. L'écran à épingles, la machine géniale qu'il inventa avec sa femme Claire Parker non plus. Mais, grâce à un numéro de l'émission Le Bureau des rêves perdus du 15 novembre 1956, on en apprend un peu plus sur cet artiste d'origine russe à la production protéiforme. C'est un personnage hors norme de l'histoire du cinéma d'animation, au destin romanesque et poétique. Né à Kazan dans l'Empire Russe, il passe son enfance à Istanbul où son père est attaché militaire avant d'intégrer l'armée russe en 1910. En 1921, il quitte la Russie pour la France où il entame une carrière d'illustrateur. C'est un artiste polyvalent, également graveur, qui s'intéresse au cinéma d'animation sous l'influence notamment du travail de Berthold Bartosch. Il invente avec sa femme, Claire Parker, une riche étudiante américaine, l'écran d'épingles, machine presque mythique tant son fonctionnement est unique. Ce mécanisme complexe comporte entre 10000 et 1 140 000 épingles selon les modèles. Utilisant une méthode s'approchant de celle de l'aquatinte en gravure, ce buisson d'épingles modelables comme de la cire produit des images uniques révélées par l'éclairage latéral, oniriques, souvent sombres, offrant un tableau sur lequel viennent s'animer, plan par plan, une infinité de nuances de blanc, de noirs et de gris. "Ma définition du rêve ? Plutôt une image qu'une définition, l'image de la recherche du temps perdu" C'est une méthode difficile d'accès dû au coût de production des machines, qui sont essentiellement produites sur commande. Elle fut une rampe de lancement pour la carrière d'Alexeieff, qui s'est tourné des courts métrages vers la publicité pour des grandes marques comme l'Oréal, Evian, Renault ou encore Nescafé. Ce fut le cas d'ailleurs d'un grand nombre d'animateurs et de réalisateurs, qui utilisaient la publicité comme moyen de subsistance et également, il ne faut pas le négliger, comme une occasion de développer leur palette créative. Illustrateur, graveur, cinéaste, inventeur, Alexandre Alexeieff se livre au micro de Louis Mollion dans cette émission du Bureau des rêves perdus qui débute ainsi : "ma définition du rêve ? Plutôt une image qu'une définition, l'image de la recherche du temps perdu. (...) Tout le monde porte en lui l'idée du paradis perdu, le mien était le Bosphore." L'occasion de découvrir un parcours atypique de l'une des figures les plus insaisissables du cinéma d'animation, dont l'héritage se poursuit jusqu'à très récemment avec l'acquisition par le Centre national du cinéma et de l'image animée en 2012 d'un écran à épingles dans le but de relancer l'utilisation de cette fascinante machine. Pour aller plus loin : Le court métrage de Justine Vuylsteker intitulé Etreintes sorti en 2017 est le résultat d'une formation du CNC dédié à l'utilisation de l'écran d'épingles. Sur le site du CNC : L'écran d'épingles traverse le temps Par Louis Mollion Avec Alexandre Alexeïeff (illustrateur, graveur, décorateur de théâtre et inventeur de l'écran à épingles) Réalisation : Albert Riera Le bureau des rêves perdus - Les rêves perdus d'Alexandre Alexeïeff (1ère diffusion : 15/11/1956 Chaîne Parisienne) Edition web : Documentation de Radio France Archive Ina-Radio France Retrouvez l'ensemble du programme d'archives "Le cinéma d'animation, de l'ombre à la lumière" proposé par Mathias Le Gargasson.